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vendredi 24 mai 2013

La conférence sociale met le cap sur l’emploi

L'emploi va supplanter la réforme des retraites à la conférence sociale des 20 et 21 juin. C'est ce qui ressort de la "conférence de méthode" que Jean-Marc Ayrault a tenu, mercredi 22 mai, avec les dirigeants des cinq organisations syndicales et des trois organisations patronales représentatives.
Le premier ministre, constatant que ce thème faisait
l'unanimité, a du coup changé le nom de ce deuxième grand rendez-vous social entre le gouvernement et les partenaires, qui sera ouvert comme en 2012 par François Hollande au Conseil économique, social et environnemental (CESE) : ce sera "une grande conférencesociale pour l'emploi".
"J'ai bien noté la demande de plusieurs d'entre vous, a indiqué Jean-Marc Ayrault, dans son propos liminaire, que notre conférence parle aux Français, et en particulier à ceux qui sont confrontés aux effets les plus durs du chômage, notamment quand il est de longue durée. Un regard particulier devra donc être porté sur la prise en charge, l'accompagnement et la formation des demandeurs d'emploi."

"Comment sauver le système de retraite"

Quant à l'avenir des retraites, s'il n'est pas "le sujet central" de la conférence, il représente "un enjeu essentiel". Le chef du gouvernement a ainsi précisé les termes d'une concertation qui devrait durer tout l'été. "L'objectif est : comment sauver le système de retraite français par répartition, garantir le paiement des retraites aujourd'hui mais aussi garantir le paiement des retraites dans la durée ? Et dans le même temps, comment corriger toutes les injustices qui existent dans notre système de retraite actuellement", a-t-il expliqué. Marisol Touraine, la ministre des affaires sociales, a précisé que cette concertation porterait tant sur le secteur privé que sur le secteur public.
M. Ayrault a profité de l'occasion pour redire que le dialogue social est la "marque defabrique" de son gouvernement. "C'est la bonne méthode et tous les partenaires sociaux qui sont autour de la table la partagent pour engager et réussir les réformes", a-t-il souligné. Pour fixer la feuille de route de l'an II du quinquennat – celui de "l'offensive" selon les mots du président de la République –, six tables rondes, au lieu de sept en 2012, seront organisées : emploi et formation professionnelle ; filières d'avenir ; conditions de vie au travail (un accord pourrait être signé, y compris par la CGT, d'ici au 24 juin) ; avenir des retraites ; place des services publics ;  et pour la première fois, "enjeux de l'Europe sociale", avec l'idée de "réfléchir à une meilleure association des partenaires sociaux à l'élaboration des politiques européennes".

"Une urgence sociale"

A l'issue de cette conférence de méthode, Laurence Parisot, la présidente du Medef qui arrivera le 3 juillet au terme de son mandat, a rendu hommage au dialogue social grâce auquel "nous avons réussi à faire des réformes comme jamais dans notre pays".
Laurent Berger, le secrétaire général d'une CFDT qui apparait plus que jamais comme l'interlocuteur privilégié du gouvernement, s'est félicité de voir prise en compte la priorité à l'emploi qu'il réclamait. C'est "une urgence sociale à laquelle il faut répondre et un cap à construire", a-t-il affirmé. Jean-Claude Mailly a déploré l'absence de table ronde sur le pouvoir d'achat, en estimant, au diapason de Thierry Lepaon (CGT) et de Carole Couvert (CFE-CGC), que c'était autant une priorité que l'emploi.
Le secrétaire général de la CGT, qui a déjeuné le 17 mai en tête-à-tête avec son homologue de la CFDT, a souhaité de nouveau "un front uni" face au gouvernement et au patronat.
Il s'est attiré alors une cinglante fin de non-recevoir de M. Mailly, qui a pourtant défilé à deux reprises à ses côtés contre le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi : "Les holdings syndicales, c'est anesthésiant, et je n'aime pas l'anesthésie." Il y a peu de chances pour que le "syndicalisme rassemblé", cher à M. Lepaon, tienne la vedette au palais d'Iéna.

Article vu sur http://www.lemonde.fr/